CABINET PERRINE Infirmier - L'HYPNOSE AU SERVICE DU SOIN
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Qu’est-ce que l’hypnose ?

L'hypnose est une sorte de sommeil artificiel, provoqué. Pourtant, le rythme cardiaque et la respiration d'un sujet hypnotisé sont beaucoup plus proches de ceux observés à l'état de veille que dans le sommeil naturel.

L’état hypnotique:
Chacun a pu faire l’expérience d’un roman dont la lecture consciencieuse permet de nous évader, ou celle d’une suspension hors du temps à force de contempler le mouvement des vagues, etc. 
En bref, chacun a pu faire l’expérience d’un état de conscience modifiée (différent donc de l’état de veille habituelle). L’état hypnotique est précisément ce moment de conscience où les choses sont perçues autrement. 

Depuis la seconde moitié des années 90, cet état a été identifié et caractérisé en imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle et PET-Scan), attestant ainsi de son existence réelle. Scientifiquement, on peut maintenant affirmer que l’état hypnotique est une réalité.
Se mettre en état d’hypnose, ou faire de l’hypnose avec un praticien, c’est reproduire intentionnellement cet état de conscience avec un objectif qui varie selon le cadre dont il est question (détente, soin, évolution personnelle…).

L’état hypnotique étant la reproduction d’un état naturel et spontané, tout le monde peut y avoir accès, mais pas forcément de la même façon. Si la plupart des individus répondent bien à des suggestions verbales directes, d’autres auront besoin d’une approche indirecte pour provoquer l’état de conscience modifiée recherchée.

Par contre, l’apprentissage de la méthode et sa répétition régulière permet à chacun de pouvoir entrer avec de plus en plus d’aisance et de rapidité en hypnose : comme pour un sport, plus on s’exerce et plus on progresse !

Les applications de l’hypnose:

-Dans le champ de la santé, ses applications sont essentiellement -la médecine de la douleur et la gestion des troubles anxieux (du stress à la phobie, en passant par les troubles de l’affirmation de soi ou encore les états de panique). 
On utilise également l’hypnose à visée de changement de comportements de dépendance, comme le tabagisme ou les troubles de l’alimentation. 

Mais d’autres applications sont possibles à la fois dans le champ du somatique (dermatologie, gastroentérologie…) et dans celui de la psychopathologie (troubles de la personnalité, troubles de l’humeur…).

Une méthode complémentaire pour les professionnels de la santé:
La pratique de l’hypnose vient en complément des méthodes développées par le praticien dans sa culture professionnelle d’origine (médecin, infirmier, psychologue…).
L’hypnose et l’hypnothérapie ne sont pas des disciplines en soi, mais des méthodes complétant les approches propres à une profession médicale, paramédicale ou psychologique données.
 Ce qui explique que pour résoudre un problème de santé, il est important de consulter avant tout un professionnel de santé qui choisira les méthodes les plus appropriés (dont l’hypnose fait partie) pour aider à résoudre la difficulté présentée par le patient.
La façon dont l’hypnose agit est maintenant connue : elle permet, par un jeu attentionnel impliquant l’imaginaire des patients, de revisiter la réalité et la façon dont le patient la perçoit. Ceci a pour effet de diminuer l’importance des symptômes d’un certain nombre de pathologies, et de développer chez l’individu des comportements inédits, lui permettant de mettre à distance le motif d’une souffrance, voire dans certains cas, de la résoudre. L’hypnose  permet à une personne de prendre soin de soi  et de développer pour se faire des dispositions internes et comportementales nouvelles.

La gestion de la douleur provoquée par les soins est une problématique récurrente en pédiatrie. Malheureusement, les occasions de déclencher la douleur ne manquent pas :
 piqûres, pansements, examens, pose d’une sonde.
 Autant de circonstances qui confrontent l’enfant à la douleur, à l’inconfort, à la détresse. Heureusement, il existe aujourd’hui de nombreux moyens médicamenteux pour prévenir et soulager ces douleurs : les crèmes anesthésiantes, les anesthésiques locaux, le MEOPA1… 
Cependant on voit encore au quotidien certains enfants apeurés, phobiques qui se débattent, refusent les soins. Chaque soin devient une épreuve de force, inégale… 
La contention est souvent le dernier recours car « il faut bien faire le soin… ». 
Mais comment faire pour que l’enfant ne soit pas débordé par la douleur pendant le soin ? Comment prendre en charge ce type de situations extrêmes, comment les éviter ? Avant tout, il est impératif de vérifier l’adéquation du traitement antalgique à l’intensité de la douleur. La douleur intense lors de la réfection d’un pansement de brûlure n’est jamais soulagée par du paracétamol… Une ponction lombaire réalisée sans aucun antalgique provoque forcément de la douleur… Les traitements doivent être systématiques et adaptés à l’intensité de la douleur déclenchée par le geste. Pourtant malgré une analgésie appropriée, certains soins restent douloureux et difficiles à vivre pour l’enfant et les soignants. Car la perception de la douleur ne peut être réduite à un simple phénomène sensoriel. D’autres composantes interviennent dans la perception de la douleur et notamment les composantes cognitives et émotionnelles. La capacité de chacun à relativiser l’expérience douloureuse, à lui donner un sens est précieuse. Cela permet de moduler l’intensité de la douleur ressentie. Mais cette capacité implique un certain développement cognitif (faire un rapport de cause à effet, par exemple « c’est pour mon bien qu’on me fait mal »), ce qui n’est pas à la portée du jeune enfant. Il est incapable de relativiser ce qui lui arrive, de donner un sens au soin ou à l’examen. La détresse de l’enfant, son inquiétude, sa peur renforcent également la perception douloureuse. Autant d’éléments qui impliquent que l’enfant est encore plus exposé à la douleur que l’adulte. Il s’agit donc de découvrir avec lui d’autres moyens de « faire face », de développer de nouvelles stratégies inhibitrices de la douleur. L’enfant possède un pouvoir imaginaire riche et précieux, qui lui permet de s’évader quasiment naturellement d’une situation. La réalité du soin est ainsi modifiée, l’enfant y prend une place active. Il expérimente paradoxalement un moment de détente et d’évasion. On change alors de paradigme, l’enfant ne subit plus le soin, il en devient acteur, il a un rôle à jouer… C’est dans ce contexte que les méthodes psychocorporelles interviennent et notamment l’hypnose pour renforcer cette évasion. 1 Mélange équimolaire oxygène protoxyde d’azote. 16e Journées La douleur de l’enfant. Quelles réponses ? 2 & 3 décembre 2009 36 www.pediadol.org En pratique, il arrive souvent que l’enfant se focalise sur la douleur sans parvenir à s’y soustraire. La douleur et la peur envahissent tout son espace psychique sans laisser de place à ses propres ressources. Un peu comme une « hypnose négative » où toute l’attention est portée sur le problème. L’hypno-analgésie vise à inverser ce phénomène en proposant à l’enfant de focaliser son attention différemment. François Roustang définit d’ailleurs l’hypnose « comme un état de veille intense, à l’instar du sommeil profond à partir duquel nous rêvons. De même que ce sommeil profond conditionne l’éclosion du pouvoir de rêver, de même cette veille intense nous fait accéder au pouvoir de configurer le monde. » Mais comment la réalité de l’enfant peut-elle être modifiée au moment du soin grâce à l’utilisation de l’hypno-analgésie ? L’hypno-analgésie est en premier lieu un outil de communication, une manière particulière de rentrer en relation, de capter l’attention. Cela exige une grande disponibilité du soignant pour l’enfant. Petit à petit, une sorte de bulle relationnelle se crée autour de l’enfant et du soignant. Précisons d’emblée que cette attention particulière n’est pas l’apanage de l’hypno-analgésie. De nombreux soignants ont ce talent relationnel et déploient au quotidien des capacités « hypnotiques » sans le savoir… Néanmoins une formation en hypno-analgésie permet au soignant d’utiliser des techniques plus précises. Il est complexe de décrire l’hypno-analgésie de façon chronologique ou hiérarchisée tant le mode opératoire varie en fonction de l’enfant, de ses préférences, du contexte. Les débats sont d’ailleurs légions en ce qui concerne les pratiques frontières avec l’hypno-analgésie telles que la distraction ou la focalisation de l’attention par la musique ou le jeu. Il semble que le résultat clinique observable chez l’enfant (la détente, l’absorption de l’attention et la dissociation…) soit le véritable critère qu’il faille retenir en pratique. Concrètement, l’entrée en relation se fait le plus souvent sur un mode conversationnel. Tranquillement, avec un ton de voix un peu plus bas, on cherche à faire connaissance, à découvrir les goûts de l’enfant, son sport, ses passions, son animal familier… Ces informations sont précieuses pour étayer les suggestions du soignant durant l’hypno-analgésie. L’utilisation de cette méthode est présentée à l’enfant au fil de la conversation. On lui explique qu’il lui arrive peut-être d’avoir la tête ailleurs. Comme par exemple lorsqu’il est bien assis sur sa chaise, dans la classe, à l’école, le professeur parle et pourtant il pense à autre chose. C’est donc possible d’être ici et ailleurs en même temps… Cette capacité que nous avons tous à nous évader par la pensée peut être très utile lorsqu’on vit un moment pénible. Des techniques existent pour aider les personnes à utiliser cette capacité naturelle de rêverie, c’est comme apprendre à s’évader sur commande, à envoyer, chaque fois que c’est utile, sa tête en vacances. Ce phénomène, appelé « dissociation », est particulièrement recherché en hypno-analgésie. Par ailleurs, la perception de la douleur elle-même peut être modifiée. Une fois que l’enfant est installé dans un état de transe (état hypnotique), on lui suggère d’endormir la partie de son corps concernée par le soin. On propose par exemple d’étaler une crème anesthésiante en imaginaire, ou encore de couper l’interrupteur de la douleur ou d’éloigner pour un moment la partie du corps qui est gênante. L’accompagnement en hypno-analgésie varie selon qu’il s’agit d’une douleur ponctuelle aiguë ou d’une phobie des soins. Dans ce dernier cas, les soins sont anticipés, des séances d’hypnoanalgésie sont proposées à distance du soin afin que l’enfant s’approprie ses propres « astuces hypnotiques » qu’il utilisera ensuite pendant le soin. 
 Dans les situations de douleur ponctuelle, chaque étape du soin est intégrée à la séance par le biais de suggestions. La fraîcheur de la compresse que l’on passe sur la plaie devient la langue du petit chien qui vient jouer avec l’enfant, la pose d’un pansement se transforme en une séance d’essayage… Par moments, l’état hypnotique oscille et il est fréquent que l’enfant reprenne contact avec la réalité du lieu et de la situation ; on peut alors lui proposer de laisser les soignants faire ce qu’ils ont à faire et reprendre le cours de la promenade imaginaire… Un des aspects primordiaux de l’hypno-analgésie est de se centrer sur l’enfant, de partir de là où il se trouve, c'est-à-dire d’accompagner ce qu’il ressent, de « broder » les suggestions à partir de ce qu’il nous dit, de ses réactions. Cela implique de respecter le rythme de l’enfant, de faire des pauses et surtout de se coordonner avec celui qui fait le soin. Si l’un des soignants qui participent au soin n’adhère pas à cette méthode et interrompt les suggestions ou même les annule, cela diminue voire invalide les effets recherchés. Il est alors difficile d’obtenir des résultats avec l’hypno-analgésie car cette prise en charge nécessite un engagement d’équipe, ce qui représente une des limites à son utilisation. Il existe également des limites individuelles à l’hypno-analgésie, certains enfants restant réfractaires à cette méthode. Pour ceux-là, d’autres techniques doivent être proposées. La question de la reproductibilité de cette méthode doit aussi être posée. Cette problématique implique plusieurs aspects : – d’une part, l’accès des soignants et notamment des infirmières à la formation d’hypno-analgésie qui doit se généraliser pour que cette méthode puisse être utilisée quotidiennement sans attendre l’intervention d’une personne extérieure ; – d’autre part, l’apprentissage de techniques d’auto-hypnose par les enfants euxmêmes qui doit toujours être privilégié pour développer leur autonomie. Par ailleurs, il est indispensable de communiquer sur la pratique de ces méthodes afin de les démystifier et de démocratiser leur utilisation. Des exemples vidéo en illustrent l’utilisation lors des soins avec la présentation de circonstances rencontrées quotidiennement en pédiatrie : – l’accompagnement d’un soin avec uniquement une méthode hypnotique, qui illustre aussi l’intérêt de l’hypnose conversationnelle ; – la potentialisation des effets du MEOPA et de l’hypno-analgésie ; – la préparation à un soin anxiogène ou la désensibilisation progressive d’un enfant phobique ; – l’utilisation de l’hypno-analgésie avec une anesthésie locale. Pour conclure L’hypno-analgésie est un élément complémentaire de la prise en charge et de la prévention de la douleur provoquée par les soins. L’efficacité de cette méthode est aujourd’hui mise en évidence dans de nombreuses études. L’intérêt de ce mode d’accompagnement est observé au quotidien. Il permet de recentrer notre attention sur l’enfant lui-même et donne du sens à notre pratique professionnelle. 


Réfection de Pansement de brulure très douloureux , avec l'hypnose à la rescousse:


Phase de préparation et d'induction











                                                                                                                


Notre patient est très réceptif , et est très vite en transe










                                                                                                                   







Notre jeune patient, nous laisse alors enlever le pansement usagé sans aucun problème, plus aucune réticence









                                                                                                         

Un geste d'ordinaire des plus douloureux , l'ablation des compresses, souvent adhérentes 
à la peau; ici aucune réaction, ou manifestation douloureuse,
un confort pour le patient, mais au combien aussi pour le soignant!






Nettoyage indolore de la plaie










On s'autorise même sans violence pour notre jeune patient à une défibrinisation mécanique indolore








On notera que le bras de notre patient, reste élevé et dans un immobilisme remarquable, sans vaciller d'un iota 










Rinçage de la brulure, habituellement qui "pique" disent la plupart des patients
ici, il ne semble pas?!










Séchage à l'air froid




















Application d'un sulfadiazide argentique, en couche très épaisse













Pose des Jelonets gras











Il est toujours bien plongé dans un état hypnotique, et pourtant on discute entre soignant autour de lui, le laissant imperturbable









Nous ramenons notre jeune patient, dans un état d'éveil, afin qu'il assiste au bandage, avant de rentrer chez lui, et qu'il puisse nous parler un peu








Nous procédons au bandage, pendant que certain se frottent les yeux , après une nuit de sommeil...oups non juste 30 minutes d'état hypnotique